Le serment oublié des vétérinaires

Vétérinaires, urgence animale, bien-être, amour des animaux, éthique vétérinaire… Des mots qui inspirent confiance et dévouement. Pourtant, derrière ces belles promesses, certaines réalités interrogent. Il y a quelques jours, face à une chienne en détresse nécessitant une prise en charge urgente, ma fille a découvert une facette de la profession vétérinaire qui m’a profondément choquée et elle, meurtrie. Ce billet piquant n’est pas une attaque contre une profession que je respecte, mais une réflexion sur la vocation, le serment et la place accordée aujourd’hui à l’animal lorsqu’il souffre.

Urgence vétérinaire, bien-être animal et vocation : quand les portes se ferment sur la souffrance

Autrefois, devenir vétérinaire relevait presque d’une vocation sacrée.

On imaginait des femmes et des hommes guidés par l’amour des animaux, capables de se lever au milieu de la nuit pour une urgence vétérinaire, parce qu’un animal en souffrance ne choisit ni son heure, ni son malheur.

Ils prêtaient serment.

Un serment de soin, d’éthique vétérinaire, de conscience et d’humanité. Un métier de passion avant d’être un métier de rentabilité. Et pourtant… quelle triste époque traversons nous aujourd’hui.

Il y a quelques semaines, ma fille, éleveuse canine passionnée et professionnelle consciencieuse a vu l’une de ses chiennes mettre bas prématurément dans des conditions alarmantes. Des saignements noirs anormaux, une mise bas compliquée, une souffrance évidente. La peur qui saisit le ventre et cette angoisse terrible de perdre peut-être un animal aimé. Face à cette urgence, elle a appelé.

Encore et encore…Des cliniques vétérinaires aux alentours mais pas pour un confort ni pour une simple consultation. Non, pour sauver des vies !

Mais les réponses ont été glaçantes : refus de la recevoir, refus de prendre en charge une chienne en détresse, simplement parce qu’elle n’était pas cliente de la clinique vétérinaire.

Comme si la souffrance animale devait dépendre d’un fichier client.

Comme si une hémorragie chez une chienne pouvait attendre un historique administratif.

Comme si l’urgence vétérinaire avait désormais ses privilèges et ses exclusions.

Que reste-t-il du serment vétérinaire lorsque l’on ferme ses portes à un animal en souffrance ?

Que reste-t-il de la vocation lorsque la compassion animale disparaît derrière les procédures et la rentabilité ?

Bien sûr, tous les vétérinaires ne sont pas ainsi. Heureusement, il existe encore des vétérinaires passionnés, dévoués et profondément humains, qui honorent leur métier avec courage et bienveillance. Mais trop nombreux semblent avoir oublié pourquoi ils ont choisi cette profession vétérinaire. On ne devient pas vétérinaire uniquement pour pratiquer la médecine animale. On le devient parce qu’un jour, quelque part, on a aimé les animaux assez fort pour vouloir les défendre lorsqu’ils ne peuvent ni parler, ni supplier eux-mêmes.

Mais la réalité, c’est qu’ il y a quelques jours, une éleveuse s’est retrouvée seule face à la détresse de son animal. Seule face à une urgence vétérinaire refusée. Seule face à une société qui parle sans cesse de bien-être animal, mais qui laisse parfois la porte fermée quand la souffrance frappe réellement. Et dans une société qui se prétend moderne, c’est une honte silencieuse à mes yeux.

La finalité, cinq chiots nés sans vie.

Je ne suis ni vétérinaire ni devin. Je ne sais pas ce qui aurait pu être évité ou non. Personne ne peut réécrire l’histoire. Mais je sais une chose : lorsqu’une personne cherche de l’aide pour un animal et qu’elle se heurte à des portes closes parce qu’elle n’appartient pas au bon fichier client, il est difficile de ne pas ressentir une profonde colère.

Car derrière les protocoles, les agendas et les procédures, il y avait ce jour-là une chienne qui souffrait, une éleveuse désemparée et cinq vies qui n’ont pas vu le jour.

Ce billet est volontairement court.

Il n’a pas vocation à juger une profession entière, ni à ignorer les contraintes auxquelles les vétérinaires sont confrontés chaque jour. Mais parfois, quelques lignes suffisent pour poser une question qui dérange : sommes-nous pas en droit de nous interroger sur ce qu’il reste de l’esprit du serment ?

Je n’ai pas la réponse.

Mais je refuse de me taire.

— La Duchesse✨